SPICILEGE

C'est à voir!

14 juillet 2009

Orelsan

C'est un poncif que de le dire, entre l'amour et la haine la nuance est ténue et la même violence peut déchaîner nos passions avec des mots opposés. C'est affaire d'éducation, d'acquis et je me demande si l'inné peut y jouer un quelconque rôle.
Lorsque le chanteur Orelsan clame la haine qu'il éprouve envers celle dont il sait qu'elle le trompe, c'est son amour bafoué qui s'exprime avec les mots qu'il connaît. Je ne les partage pas car ce ne sont pas ceux que j'utilise, mais qui peut dire qu'il n'a pas éprouvé un jour ce sentiment irrépressible de se venger, d'une manière ou d'une autre et avec les seuls moyens ou les seuls mots à la disposition de son esprit, de celle ou celui envers qui la haine, cet amour dénaturé, se porte?
Le fait de le dire, de le crier, ne signifie pas pour autant le passage à l'acte, l'accomplissement par le geste des paroles envolées comme autant de dards vers le sujet de sa colère, mais bien plutôt comme l'expression d'une souffrance éprouvée et que l'on souhaite faire partager avec l'identique véhémence que celle que l'on ressent.
En réalité les paroles de la chanson d'Orelsan ne sont que la concrétisation orale des pensées de beaucoup et non seulement il n'est pas utile de les taire mais nécessaire de les proclamer afin que la frustration engendrée par le silence ne pousse au contraire à leur réalisation.
Mais en dehors de cette thérapie somme toute personnelle, la censure dont on a fait preuve envers le chanteur est totalement inexcusable et démontre encore une fois la totale soumission des thuriféraires de la rectitude à la bonne pensée toute doctrinaire. En définitive, se masquer la face parce que des paroles déplaisent, montre à l'évidence la crainte de n'être pas soi-même apte à les combattre. Les censeurs craignent toujours plus pour eux-mêmes que pour les autres qu'ils assignent en otages. Ce ne sont que des eunuques qui se sont censurés de manière irrémédiable. Irrécupérables, ils ne méritent aucune estime.
C'est pourquoi, bien que ne partageant aucune des imprécations émises dans cette chanson, je considère qu'il est nécessaire et salutaire de ne pas l'enfouir sous la chape du rejet dont tous les Tartuffe modernes se font les chantres. La voici, qu'on en pense ce qu'on voudra, qu'on l'écoute ou non, qu'on l'aime ou pas, c'est à nous seuls de décider et je dénie à quiconque le droit de l'interdire.   


       

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14 mai 2009

Des amateurs


Certains seront frustrés, d'autres outrés, quelques uns indifférents et peu attentifs aux bandeaux pudibonds masquant, pour un être serein, ce qui fait l'attrait féminin. La beauté d'une femme ne se cantonne pas à ses formes mais elles y contribuent et après tout, sans apparats, un corps ruisselle de générosité et de liberté.
Ce qui me choque dans cette vidéo, ce n'est pas la nudité, celle-ci n'est en rien outrageante, non plus que son recours dans une démarche racoleuse, de tout temps on utilisa la tentation pour parvenir à ses fins, la symbolique du serpent tentant Eve a fait florès dans l'imagination des publicitaires, ce qui m'exaspère c'est cette espèce de demi-mesure consistant à montrer sans le faire vraiment, appâter pour ferrer le badaud.
La question que je me pose est de savoir à quoi servent ces bandeaux noirs? Il faut aller jusqu'au bout de sa démarche, ne pas transiger, hésiter. Cette vidéo ne sert à rien, sinon à prouver que les auteurs de cet enfantillage ne seront jamais que de pâles amateurs.

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09 mai 2009

Le chant des sirènes


Probst : "happy birthday Mister Sarkoko"
envoyé par bakchichinfo - News videos hot off the press.


Chaque semaine Bakchich diffuse les commentaires de J.F. Probst. Il disserte sur le petit monde de la politique. Celle du pouvoir en place, mais aussi de ses prédécesseurs. Ce n'est jamais triste; alliant l'humour à la pertinence, ses commentaires ont l'acidité nécessaire pour décaper la réalité.
Lagarde, dont le filet de voix n'est pas désagréable mais n'a pas la sensualité de Marylin, s'est fendue d'un happy birth day pour les deux ans de pouvoir de son mentor, deux ans où il ne se passa rien, prélude aux années qui viennent dont on peut penser qu'il en sera de même.
Le souhait de Probst est salutaire, mais on peut toujours rêver.

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25 juin 2008

RAS LE BOL!

Ras le bol! J'en ai vraiment ras le bol de ces médias, et quels qu'ils soient, ressassant jusqu'au trop plein l'information dont on sait qu'elle attirera le gogo en quête de réflexions dignes d'un ilote, ou celui à la recherche d'une philosophie de bar-tabac. Que la presse écrite, au désespoir du dernier bilan édité par l'expert comptable, se laisse aller à ce dérisoire, au nom de la sacro-sainte économie et de la dure loi du marché, passe encore, au risque de ne devenir que triste tabloïd sans intérêt précipitant sa perte, mais que cette déferlante ravage tous les domaines, et en particulier avec une mention spéciale, cet espace virtuel où l'on pensait trouver un soupçon de liberté et d'air pur, me pétrifie. Il suffit d'un mot, d'un nom, portant en lui une espérance malsaine de racisme, de haine, de voyeurisme, de turpitude, de fraude, pour que les titres fusent comme des salves de lance-roquettes ou s'épanouissent comme un bouquet final de feu d'artifice. Le fromage est présenté puis découpé, partagé, fractionné, délayé à tel point qu'un veau ne reconnaîtrait pas le lait de sa mère. Ne manque plus que la couleur qu'un charognard serait allé prélever dans la flaque de sang, qui doit nécessairement sécher près d'un caniveau, pour enluminer les lettres, afin que le lecteur avide, ce Dracula moderne, puissent lécher son écran et satisfaire son besoin d'orgie.

Et cet irrépressible besoin atteint son acmé dans l'apothéose des commentaires, où borborygmes et éructations se le disputent à l'indécence et au calamiteux. Au moins autrefois, de nos journaux, pouvait-on faire de petits carrés de papier qu'on suspendait dans les latrines.

Certains auront subodoré avec justesse que cette goutte d'eau, ayant fait déborder mon vase de tolérance, n'est pas tombée du ciel mais des multiples postillons projetés suite au tabassage d'un jeune de dix sept ans. Oui, mais ce jeune est juif! Et alors? Peu m'importe. Que ce soit vous qui ayez pris les coups, ou moi, ou lui, quelle différence? L'information n'allait pas au-delà, avant d'en savoir plus. Et il n'est nullement nécessaire d'épiloguer, de conjecturer, d'inventer, d'imaginer, d'affirmer puis d'infirmer et affirmer à nouveau tant que la police ne sera pas allée au bout de son enquête. Cet événement n'en est qu'un que pour celui qui l'a vécu, au même titre que pour tout autre individu, riche ou manant, roi ou brigand, corse ou juif, noir ou blanc, inouit ou arabe. Le reste n'est que mayonnaise montée au fouet des supputations stériles,dégoulinant du bol, mais alléchant le badaud.

Posté par patrickpike à 01:15 - média - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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